Le comportement alimentaire

L’une des singularités des êtres vivants, c’est leur besoin de se nourrir, c’est-à-dire de prélever dans leur environnement des substances qu’ils sont capables de digérer et d’assimiler à leur mode de fonctionnement autonome ou autopoïèse et d’en retirer l’énergie indispensable à l’entretien de leur métabolisme. Leurs comportements alimentaires sont aussi diversifiés que leurs formes et leurs modes de vie, certains sont carnivores, d’autres herbivores, d’autres opportunistes. La vie sauvage n’a rien d’une dolce vita car beaucoup d’animaux sont contraints de consacrer un maximum de temps et d’énergie à rechercher leur nourriture, sans oublier les risques qui les menacent en permanence de devenir à leur tour des proies. Les hommes ont été des millénaires durant des chasseurs-cueilleurs semi-nomades, avec au départ un régime alimentaire plutôt herbivore analogue à celui de leurs ancêtres, les australopithèques ; puis, grâce aux outils et à la domestication du feu, la part des aliments d’origine animale n’a cessé d’augmenter. Enfin, l’homme moderne, Homo sapiens, tout en menant longtemps une existence de chasseur-cueilleur, saura de plus en plus varier son régime et concocter ses aliments. À partir du néolithique, de prédateur, il devient cultivateur et éleveur et transforme ses repas en un art de vivre, festif et convivial. 


96 pages  -  ISBN : 9782342169829  -   > Commander le livre

Commentaire paru dans la revue: Droit Animal, Ethique et Sciences n° 68, Janvier 2011 ; il est signé G.C.

Le comportement de croyance, René Misslin, Publibook, 2010.

Professeur de lettres classiques dans un lycée, passionné de philosophie, avant de devenir professeur d'université en neurosciences, René Misslin est certainement un de nos penseurs les plus originaux. Dans plusieurs ouvrages successifs, il a sondé, avec grand bonheur, le comportement humain à la lumière d'observations issues du comportement animal. Le présent ouvrage s'attache à un des traits perçu souvent comme l'un des plus importants de notre espèce: le comportement de croyance. Pour Misslin la croyance, qu'elle soit empirique, mais même scientifique ou religieuse, est une confiance apprise dans certaines composantes de notre environnement. Alors qu' "psychologie cognitive, on définit la croyance comme une attitude propositionnelle" (p. 53), donc langagière et finalement assez abstraite, Misslin lui trouve des racines pré-langagières, en montre l'origine concrète dans le territoire, les habitudes, les apprentissages, les imitations parentales et sociales... "Croire, c'est pouvoir se fier à certaines régularités du monde où nous vivons "(p. 86). "Il s'agit d'une aptitude propre à tous les êtres vivants" (p. 86) pourvus d'un système nerveux. La croyance est donc, chez l'homme, le raffinement intellectuel d'une tendance générale des animaux à faire confiance à des régularités de leur environnement pour adapter leurs choix à leur milieu et adopter une vie harmonieuse. Ou encore : nos croyances, scientifiques comme religieuses, dans leur complexité spécifiquement humaine, sont la suite des efforts, intellectuellement plus modestes, faits par nos ancêtres animaux, au cerveau moins performant que le nôtre. Misslin nous l'explique avec élégance, compétence scientifique et clarté didactique. Une démonstration étincelante, et qui enracine une nouvelle fois, s’il en était besoin, le comportement humain le plus élaboré dans celui de ses cousins ou de ses ancêtres. Un chef d'oeuvre!
Posté le 23/01/2011 15:13:26 1 commentaire(s) - Réaagissez à cet article
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